15 novembre 2009
Régionales 2010: compte rendu de la conférence
Conférence régionale des communistes à Balaruc les Bains.
La conférence régionale qui s'est tenue ce samedi à Balaruc-les-Bains a très largement approuvé l'offre politique nationale d'un front de gauche élargi pour les élections régionales de 2010 et désigné François Liberti comme chef de file. Les adhérents voteront les 19, 20 et 21 novembre.
Les camarades de Perpignan
Pas de surprise samedi à la Maison du Peuple de Balaruc-les-Bains où la conférence régionale des communistes du Languedoc-Roussillon a largement confirmé l'offre politique nationale de listes de "front de gauche élargi" pour les élections régionales qui auront lieu les 14 et 21 mars prochains. Par 143 voix pour, 10 contre et 9 abstentions, les délégués des cinq départements ont plébiscité la nouvelle politique de front de gauche décidé lors du congrès national du PCF à l'automne 2008, ce qui les conduit à proposer dès le premier tour de ces élections un rassemblement qui va "au delà des trois forces qui se sont rassemblées à l'élection européenne (parti communiste, Parti de gauche et Gauche unitaire)."
Dans son rapport introductif à la discussion, Martine Gayraud (secrétaire départemental du Gard) a insisté sur la nécessité d'ouvrir une "nouvelle dynamique de rassemblement" qui tranche avec 2004. Avec elle, la grande majorité des 40 intervenants de la matinée ont en effet souligné qu'avec l'aggravation de la crise du système capitalisme et la politique menée par le gouvernement de Sarkozy, la donne n'était plus la même. "Il faut aller plus loin dans nos exigences" a insisté Bernard Deschamp, l'ancien député gardois, tandis que la plupart des délégués faisaient valoir qu'une "nouvelle ère politique s'est ouverte" avec la victoire du "non" au référendum du 29 mai 2005, puis les mobilisations sociales de ce printemps, les élections européennes et la votation citoyenne contre la privatisation de La Poste. "Faire émerger une gauche de transformation sociale et démocratique, c'est notre responsabilité de communiste" résuma l'ancien député-maire de Sète François Liberti.
Pas d'union de la gauche au 1er tour
Dans le cadre de cette nouvelle stratégie, le président du Conseil régional, Georges Frêche est jugé comme "un handicap au rassemblement à gauche sur un contenu de gauche". Ce ne sont pas seulement ses intempérances de langage qui ont été dénoncées par nombre d'intervenants, mais surtout "son implication dévastatrice dans la perte ou la non reconquête de municipalités de gauche" ainsi que "ses projets d'accompagnement et même d'anticipation de la politique libérale du gouvernement". Par exemple : l'affaire Agrexco sur le port de Sète (1), "la mission Constantin" (2), ou encore sa volonté non dissimulée "de faire de l'étang de Thau un espace de tourisme nautique" et de la Lozère "une grande chasse privée".
Sur la réforme des collectivités territoriale, autre sujet qui attise l'hostilité à Georges Frêche, la critique devient un programme. "Comme Sarkozy, il rêve de mégalopoles au détriment des collectivités de proximité avec les citoyens" explique le conseil général d'Ales, Jean-Michel Suaut, tandis que l'élu montpellierain Michel Passet, Richard Sanchez mais encore Liberti et Deschamp, mêlent leur voix pour demander que "la résistance au projet de Sarkozy et de Frêche soient au coeur de la bataille des régionales".
Colette Tignière, conseillère régionale sortante a également dénoncé une gestion de souffrance durant ses 6 dernières années , rappelant que beaucoup d'élus communistes étaient lachés, faute d'un comité régional qui ne s'est jamais réuni. Rappelons que ce conseil doit servir d'instance de reflexions, de conseils et d'expression du parti sur toutes les problématiques touchant la Région.
Bien entendu, ce sont autant de désaccords de fond qui, pour la grande majorité des délégués, rendent impossibles un nouvel accord de mandat avec Georges Frêche, comme c'était le cas en 2004. Un souhait politique pourtant défendu à la tribune par quelques délégués parmi lesquels Jean-Claude Gayssot avec le résultat que l'on connaît.
Un rassemblement à vocation majoritaire
On mesure bien, dans ces conditions, combien l'offre politique nationale adoptée hier par les délégués de cette conférence régionale du PCF prend un caractère particulier en Languedoc-Roussillon quand il s'agit de "tout faire pour battre la droite et sa politique". Sur ce terrain, François Liberti s'est montré très convaincant. "Nous devons être extrêmement offensif et construire un rassemblement à vocation majoritaire" a-t-il insisté en précisant que "la négociation (pour le premier comme pour le second tour) se joue dès maintenant avec le peuple, sur le terrain". Sur ce constat où il s'agit d'y aller "pour la gagne", l'unité s'est cristallisé autour d'un porte-drapeau en la personne de l'élu sétois plébiscité à de nombreuses reprises par les intervenants. de fait, le consensus autour de François Liberti est sans appel : 149 voix pour, contre zéro et 13 abstentions. Les communistes se sont donnés un chef de file charismatique, mais aussi, et surtout, une unité retrouvée.
C'est désormais au tour des adhérents de se prononcer. Ils seront consultés les 19, 20 et 21 novembre. Un dernier mot pour dire que cette conférence régionale a renouvelé les membres du Comité régional et élu Françoise Fiter à la tête de cette instance qui devra jouer à l'avenir un rôle de coordination plus important.
27 octobre 2009
Régionales : "Pas d'alliance, ni au 1er , ni au 2nd tour"
Frêche : "pas d'alliance ni au 1er , ni au second tour"
De retour du Conseil national du PCF qui se tenait à Paris, Martine Gayraud, secrétaire de la fédération communiste du Gard a plaidé pour la constitution d'une liste distincte de celle du président de la région, Georges Frêche. « C’est un rejet systématique », dit-elle.
Avec les sept autres secrétaires fédéraux, elle estime avoir convaincu Marie-George Buffet. « Les militants estiment dans leur large majorité qu’il n’est pas possible de repartir avec Georges Frêche », ajoute Martine Gayraud.
A l'échelle nationale
Le PCF a largement voté aujourd'hui en faveur de l'autonomie vis-à-vis du PS au premier tour des régionales en souhaitant élargir le Front de gauche créé avec Jean-Luc Mélenchon, mais
des alliances à la carte avec les socialistes pourraient être décidées par les militants en région.
Selon l'"offre nationale" adoptée à 80,3% par le Conseil national, les listes, "en ouvrant un autre choix à gauche que celui porté par le PS ou Europe-Ecologie, visent à lever une dynamique de rassemblement et de victoire à gauche". Il s'agit donc de poursuivre l'alliance avec le Parti de gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon et la Gauche unitaire de Christian Picquet (ex-NPA) au sein du Front de gauche créé pour les européennes, et de l'ouvrir à de "nouvelles forces" issues notamment du mouvement syndical, social ou associatif.
Pour Marie-George Buffet (PCF), le Front doit être un "levier pour faire bouger le curseur à gauche". Au deuxième tour, il faut "des majorités dans les régions" en fusionnant avec PS et Europe-Ecologie mais "à l'exclusion du MoDem". Le NPA d'Olivier Besancenot, pour qui "existent deux gauches dotées de programmes contradictoires qui interdisent de gérer ensemble les régions", semble donc écarté. Une quatrième réunion "unitaire", peut-être la dernière, se tient mercredi entre PCF, PG et NPA.
"Les amis du NPA" doivent "faire l'effort qui est attendu d'eux" et ne "plus bloquer tout le rassemblement sur la question de la participation" aux exécutifs régionaux, demande dimanche sur son blog M. Mélenchon, saluant l'offre du PCF comme une "très bonne nouvelle". Malgré cette "offre nationale", des listes PCF-PS pourraient se constituer au premier tour car, selon les statuts du PCF, les militants doivent valider la stratégie par région, dans un parti qui compte 185 conseillers régionaux.
Des conférences régionales auront lieu les 7 et 14 novembre avant une ratification des militants par région (19-21 novembre). Une décision délicate dans de nombreux endroits: en partant indépendamment du PS, le Front de gauche devra dépasser la barre fatidique des 5% pour pouvoir fusionner ses listes avec ses partenaires. En 2004, le PCF avait franchi ce seuil dans cinq des huit régions où il se présentait sans le PS (Picardie, Ile-de-France, Nord/Pas-de-Calais, Auvergne et Corse).
Aux européennes, les listes Front de gauche sont restées sous les 5% dans sept régions (Alsace, Basse-Normandie, Champagne-Ardennes, Franche-Comté, Lorraine, Pays-de-Loire, Poitou-Charentes). Trois dépassaient tout juste ce plancher (Bourgogne, Bretagne et Rhône-Alpes). Ces données doivent "rentrer en compte dans la réflexion des communistes", a reconnu Mme Buffet, appelant à "faire en sorte qu'il y ait plus d'élus communistes et d'élus non communistes" du Front de gauche.
L'autonomie pourrait donc faire long feu dans plusieurs régions, d'autant que de nombreux élus n'en veulent pas. "Ce n'est pas une bonne stratégie", juge Jean-Claude Gayssot, vice-président PCF en Languedoc-Roussillon. Soulignant le "risque de faire le jeu de la droite qui, elle, va partir unie", l'ancien ministre des Transports souhaite "poursuivre avec le PS et Georges Frêche" dans sa région. Une possibilité vivement exclue par Mme Buffet: "nous ne serons pas avec George Frêche ni au premier, ni au second tour", il faut de l'"éthique en politique".
Quant à l'Ile-de-France, où circulent les noms de Jean-Luc Mélenchon (PG), Patrick Braouezec et Pierre Laurent (PCF), Mme Buffet verrait plutôt comme tête de liste "un homme ou une femme issu du PCF".
Article Midi Libre
24 octobre 2009
Régionales 2010 : A gauche toute pour les régionales
Régionales A gauche toute pour le PCF au 1er tour !
« La situation est confuse. Je redoute que Marie-George Buffet ne soit instrumentalisée par les anti-parti socialiste et les anti-Frêche. Lorsque nous nous rencontrons, elle est toujours d’accord avec moi, mais après… Il est à craindre qu’au bout du compte nous nous retrouvions avec des communistes sur plusieurs listes. » Le moins que l’on puisse dire, c’est que Jean-Claude Gayssot, vice-président du conseil régional LR, n’est pas franchement rassuré quant à la stratégie que doit adopter le parti communiste, réuni ce week-end à Paris pour une convention nationale toute consacrée aux élections régionales.
Si la ligne de Pierre Laurent, coordinateur national aux élections, est partagée
par la majorité des délégués et de l’état-major du PCF, la convention devrait réaffirmer une seule stratégie : « le rassemblement autour d’un projet clairement à gauche, dès le premier tour ; puis l’obtention, au deuxième tour, de majorités avec le PS et Europe-Ecologie, mais sans le MoDem. L’objectif est que l’autonomie soit de mise dans un maximum de régions. » Fort des résultats des Européennes (6 % des suffrages et 4 eurodéputés), le Front de gauche « autonome » du premier tour devrait donc coaliser le parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon et la Gauche unitaire de Christian Piquet, rejoints par des courants politiques progressistes, ainsi que des mouvements syndicaux, sociaux et associatifs… sachant que le NPA d’Olivier Besancenot, qui a pourtant fait chou blanc aux Européennes, ne paraît toujours pas disposé à rallier le Front de gauche. Il convient toutefois de noter que les offres du PCF seront discutées en novembre, région par région, avec la possibilité d’alliances à la carte.
En Languedoc-Roussillon où le PCF compte plusieurs de ses 185 conseillers régionaux sortants, on attend l’issue de cette convention nationale avec impatience. Mais sans guère d’illusion. Seule certitude, elle confortera, quelles que soient ses conclusions, la singulière ligne de fracture désormais établie entre les élus (Gayssot, Boré…) qui revendiquent, « sur la seule foi du bilan, la poursuite d’une collaboration » avec le PS et Georges Frêche, et ceux (Bousquet) qui estiment que le PCF serait mieux inspiré « d’enrichir de sa valeur ajoutée » le Front de gauche ou se rapprocher, sans plus de délais, d’Europe-Ecologie.
Gérard LAUDINAS,journaliste Midi Libre
23 octobre 2009
Régionales : le PCF veut poursuivre le front de gauche...
Info nouvelobs.com Réuni en Conseil national ce week-end, le Parti communiste appellera à la poursuite de l’alliance avec Jean-Luc Mélenchon pour les régionales.

Jean-Luc Mélenchon avec Marie-George Buffet, le 31 janvier dernier (Sipa)
Ce n’est pas une surprise : réuni en Conseil national ce week-end, le Parti communiste appellera à la poursuite de l’alliance avec Jean-Luc Mélenchon pour les régionales. C’est ce qu’indique "l’offre politique nationale" qui sera présentée demain place du Colonel Fabien et dont nouvelobs.com a pris connaissance : "Partout où les conditions peuvent être créées, où les forces disponibles existent", le parti communiste propose "la constitution de listes de Front de gauche de large rassemblement au premier tour". En clair : une alliance entre le PCF, le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon et la Gauche unitaire de Christian Picquet (ex NPA). Le PCF espère que le rassemblement pourra aller "très au-delà" de ces trois forces et inclure notamment "des militants du mouvement social".
Sources : nouvel Obs.
Il est important de préciser que des assemblées générales de tous les communistes se tiennent actuellement pour se prononcer quand aux stratégies à adopter lors des prochaines échéances régionales.
Il est nécessaire de rappeler que notre première adversaire est la politique de droite , très dure menée par Sarkozy.
L'utilité de multiplier "les Fronts" de gauche est une priorité pour barrer la route aux multiples visages du capitalismes. Il est à mon sens nécessaire d'appeler l'ensemble des forces politiques et organisations syndicales à nous rejoindre lors des prochaines échéances afin d'encrer et d'imposer un ancrage encore plus à gauche dans notre région.
Agir autrement, nous conduirait à un retour de la droite à la tête de notre région et à une véritable catastrophe pour l'ensemble de nos concitoyen(ne)s.
20 octobre 2009
Régionales : Mélenchon recadré par le PCF
Régionales: le PCF reproche à Mélenchon d'avancer sa candidature en Ile de France
Le Parti communiste français (PCF) a reproché lundi à Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de Gauche (PG), d'évoquer sa disponibilité pour les régionales de mars en Ile-de-France, alors que les négociations sont en cours entre le PCF, le PG et le NPA sur une éventuelle alliance en vue de ce scrutin.
L'eurodéputé avait affirmé dimanche soir sur France 3, au sujet d'une candidature aux régionales en Ile-de-France: "Moi, je sais que ça m'intéresse de mener cette bataille là, et je dis : si vous voulez, j'y suis prêt".
Cette déclaration "apparaît peu acceptable du point de vue du respect mutuel du aux partenaires et à leurs militants", affirme le PCF, dans un communiqué.
Pour le parti de Marie-George Buffet, "la démocratie et la concertation sont préférables à l'auto-proclamation, elles sont aussi nécessaires à la confiance mutuelle et à celle de nos électrices et de nos électeurs". Selon le PCF, "le rassemblement ne fait pas bon ménage avec les coups de forces médiatiques".
A propos d'un accord entre le NPA, le PCF et le PG, le PCF souligne qu'"un désaccord sérieux persiste sur la volonté de construire des majorités de gauche". "Reporter cette question au soir du premier tour n'est ni possible, ni sérieux, ni efficace", ajoute-t-il.
Le désaccord entre le PCF et le NPA concerne la question des exécutifs régionaux, le parti d'Olivier Besancenot refusant toute gestion avec le Parti socialiste.
Les représentants des trois partis avaient poursuivi vendredi leurs discussions sur une éventuelle alliance aux régionales, convenant de nouvelles réunions après le Conseil national du PCF des 24-25 octobre.
14 octobre 2009
Régionales : Eric Andrieu rejoint Codorniou
Dans l'Aude, le PS se rabiboche...
Lundi soir, Eric Andrieu annonçait qu'il serait n°3 sur la liste conduite par Didier Codorniou. Battu aux primaires internes par le maire de Gruissan, le premier secrétaire audois affirmait également ne pas briguer de vice présidence à la région. Et, signe d'une volonté commune de se retrouver, Didier Codorniou déclare aujourd'hui dans l'Indépendant qu'il a demandé "à Eric Andrieu de l'accompagner dans cette campagne".
sources : l'Indépendant du 14 octobre 2009.
13 octobre 2009
Pourquoi s'opposer à Georges Frêche ?
Pourquoi s'opposer à Georges Frêches ?
Ecouter la vidéo ci dessus
Georges Frêches divise la gauche
“Georges Frêche divise la gauche”
C’est ce qu’écrivent Christine Lazerge (PS), François Liberti (PC), René Revol (Parti de gauche) et Jean-Louis Roumégas (Verts) dans un appel rendu public ce matin à Montpellier. Les quatre “militants” refusent que le président de région soit à nouveau tête de liste aux régionales de 2010.
Georges Frêche “est devenu le premier obstacle à l’indispensable adhésion à un grand projet régional et au développement des luttes”. Voilà pourquoi Christine Lazerge, François Liberti, René Revol et Jean-Louis Roumégas disent “refuser la perspective de sa [celle de Georges Frêche] candidature aux prochaines élections régionales (1)“. Ceux qui ont souligné qu’ils ne s’exprimaient pas au nom de leurs organisations respectives, ont développé ce matin, lors d’une conférence de presse, les raisons qui les ont poussés à lancer cet appel “aux noms des valeurs de gauche”.
André Vezinhet “porteur de message”
Michel Guibal, ancien adjoint (PS) au maire de Montpellier et candidat malheureux au poste de premier secrétaire de la fédération socialiste de l’Hérault, était aussi présent dans l’assistance. Côté Verts, il y avait aussi Silvain Pastor, conseiller régional, Nicole Moschetti-Stamm et Mustapha Majdoul, conseillers municipaux. Mais au delà de ces quelques soutiens, la vraie interrogation aujourd’hui réside dans l’attitude que vont adopter d’autres personnalités et leurs organisations. Par exemple : André Vezinhet, député (PS) et président du conseil général, Éric Andrieu, premier fédéral socialiste de l’Aude et vice-président de la région (2), la direction nationale du PS, la direction nationale et les fédérations communistes de la région, etc. Christine Lazerges a précisé que la direction nationale du PS avait été informée de sa démarche via un message transmis par André Vezinhet. Alors simple porteur de message ou soutien de celui-ci ? “Porteur de message”, répond Christine Lazerges. Selon une source proche des “quatre”, ceux-ci auraient le projet de monter ensemble à Paris interpeler leurs directions nationales respectives sur la question de la tête de liste. Quant à l’entourage de Georges Frêche, il serait en train de préparer une réunion avec les 5 secrétaires fédéraux socialistes et les partenaires de la majorité.
“L’opinion de nombreux communistes”
Du côté de la fédération PC de l’Hérault, Jean-Louis Bousquet, son premier secrétaire, déclare à Montpellier journal : “François Liberti est un militant de valeur, posé et réfléchi. Lorsqu’il parle, il exprime l’opinion de nombreux communistes. Pour ma part, je pense, comme lui, que l’union de l’ensemble des forces de gauche, écologistes est nécessaire l’an prochain pour poursuivre, en appui sur le mouvement social, la politique de gauche à la région. On a mis 18 ans pour sortir Jacques Blanc et le Front national, ce n’est pas pour le remettre en place en 2010. En ce qui concerne le choix de la tête de liste, c’est enfoncer une porte ouverte que de dire qu’il y a débat au sein des militants de la gauche. Je crois que ce débat est naturel et c’est la liberté de chacun de s’exprimer là-dessus. [...] Ce que je constate quand même, c’est qu’ont été annoncées les têtes de listes par département sans discussion avec le PCF, a été annoncée une alliance avec le Modem sans discussion avec le PCF. Vous comprendrez que ce sont des choses qui posent question chez nous.” Et donc, celui qui est aussi conseiller régional exclue-t-il toute participation à une liste dirigée par Georges Frêche ? “Je n’exclue absolument rien. Je travaille au rassemblement de l’ensemble de force de gauche. Je cherche à réfléchir à ce qui est le plus efficace pour sortir de cette situation.”
Michel Passet, président du groupe communiste au conseil municipal, est sur ligne assez proche : “Je signale que, dès le mois de novembre 2006, lorsqu’il y a eu un certain nombre de problèmes [l'affaire des "Blacks"], j’avais dit que la gouvernance de Georges Frêche à l’agglo ne nous convenait pas. Donc ce n’est pas une question nouvelle qui se pose et effectivement elle doit se régler avant les régionales. [...] Pour l’instant, je ne dis pas que Georges Frêche est le bon ou le mauvais candidat, je considère qu’il devrait y avoir une réunion des composantes de la majorité au conseil régional pour réfléchir à la meilleure tête de liste possible. Et je considère qu’il était très prématuré que Georges Frêche dise : “Je conduirai, point.” Sans consulter personne d’autant qu’il n’est pas membre du Parti socialiste.”
Quelques extraits des prises de parole et des échanges lors des questions/réponses :
Christine Lazerges : “Nous voulons tout simplement la démocratie”
“La rupture que nous voulons signifier par cet appel c’est une rupture morale, une rupture éthique avec un système qui est devenu insupportable, intolérable. C’est une rupture qui a un objet : redonner l’envie de la politique autrement, redonner l’envie de la politique dans l’écoute et je dirais même dans le respect. Le fonctionnement de Georges Frêche et de certains qui l’entourent est centré sur le mépris, y compris de l’électeur. À la place du mépris, nous voulons le respect. À la place du “tout est décidé”, nous voulons l’écoute. À la place du “moi tout seul sur le devant de la scène”, nous voulons le partage. Autrement dit, nous voulons tout simplement la démocratie. [...] Le système actuellement en place en Languedoc-Roussillon a privatisé la politique dans un cercle extrêmement étroit. Rouvrons les fenêtres, discutons et construisons. Je ne crois pas du tout à la victoire de Georges Frêche dans cette situation de solitude qu’il s’est créé tout seul. Il s’agit de gagner la région, pas de la perdre. [...] Je pense que notre appel est suffisamment fort, qu’il y a suffisamment de gens qui ne demandent qu’à ce qu’on soulève le couvercle de la marmite. Dans les sections socialistes je peux dire que c’est le cas. Maintenant, le clientélisme est-il si fort ? Vous savez, la peur règne.”
François Liberti : “Une parole d’espérance”
“En lançant cet appel avec mes collègues, j’ai le sentiment de traduire l’immense majorité de ce que pensent aujourd’hui les militants communistes dans cette région. [...] Nous le disons aujourd’hui parce qu’il y a un certain nombre d’éléments qui font que c’est aujourd’hui qu’on doit le dire. Au regard des enseignements tirés de ces dernières années, au regard de l’exigence que dans cette region la gauche puisse poursuivre er apporter une réponse crédible sur le plan politique à tous ceux qui souffrent aujourd’hui. Et parce que, effectivement, les dérives que nous venons d’évoquer sont à ce point dangereuses aujourd’hui qu’elles peuvent mettre en échec la possibilité pour la gauche d’apporter une réponse crédible à la perspective que les gens attendent. Le pire ennemi de la gauche, c’est ce qu’incarne Frêche dans ses pratiques. Nous souhaitons que cet élément là soit pris en compte dans nos formations respectives, par les citoyens, les acteurs du mouvement social, etc. Ce n’est donc pas une parole de désespérés, c’est une parole d’espérance que nous avons aujourd’hui.”
René Revol : “On a besoin de citoyens émancipés et libres”
“Il ne s’agit pas seulement d’un homme, il s’agit d’un système politique qui, au plan local, est en train de s’effondrer parce qu’il représente le passé, il représente un fonctionnement avec lequel les citoyens ne veulent plus fonctionner. On veut de la démocratie, de la transparence, de la prise de parole, de l’écoute, de l’attention, de la modestie, de l’humilité, du courage. On veut autre chose que ce système du fait accompli “parce que je suis là, je reste là”. Non. Aucune position n’est acquise et quelles que soient les réalisations qui ont pu être très positives au niveau de toute cette région, il faut voir qu’aujourd’hui, nous sommes à la veille d’un renouvellement et que ce renouvellement, il faut avoir le courage de le porter. Ici, on n’est pas à l’étape d’une élaboration mais à l’étape du coup de gueule aux noms des valeurs qui nous rassemblent malgré les différences politiques. [...] On prend nos responsabilités à titre personnel. Jusqu’à ces dernières années, on nous disait toujours qu’on ne pouvait pas le faire parce qu’on allait perdre des choses. En ce qui me concerne, on m’a dit : “Il ne faut pas que tu te présentes aux élections municipales [de Grabels], tu ne seras jamais élu puisqu’on sait que tu n’auras jamais les subventions de la région, de l’agglomération.” Les citoyens de ma commune sont arrivés à une conclusion inverse. Et maintenant on me dit : “Il faut que tu te taises si tu veux conserver les subventions.” Je vais conserver les subventions parce que je me situais du point de vue de l’intérêt général, du point de vue de cette commune. Et depuis que je suis en position, il n’y a pas de modification de ce point de vue. Et je garde ma parole libre et tout le monde garde sa parole libre. Il faut passer à une autre façon de faire de la politique non pas se faire acheter, non pas dire ce que les gens attendent que vous disiez pour plaire au prince. On a besoin de citoyens émancipés et libres. Et pour avoir des citoyens émancipés et libres, il faut commencer par avoir des élus émancipés et libres.”
Jean-Louis Roumégas : “Nous ne nous laisserons pas acheter”
“Nous sommes là pour pousser un coup de gueule et lancer un appel aux consciences. Si c’est naturel que nous le fassions ensemble, c’est que chacun a incarné, à un moment dans son parcours politique, une résistance à ce système qui a été mis en place dans la gauche régionale, malheureusement, qui a trahi les valeurs de gauche et qui a tué le débat. [...] Nous n’accepterons pas cette chape de plomb qui pèse sur la région non pas parce que nous, organisations ou militants politiques, serions exclus de ce système - d’abord nous avons choisi de nous en exclure, nous refusons la corruption, le clientélisme, nous ne nous laisserons pas acheter. Aujourd’hui, nous pensons surtout que ce sont les électeurs de gauche qui sont désespérés dans cette région et qu’on ne peut pas se permettre de laisser 20-25 % d’électeurs de gauche sans issue politique parce que c’est la défaite assurée.”
26 août 2009
NPA: exigence du rassemblement
Besancenot aux prises avec l’exigence de rassemblement
Après le score décevant de leurs listes aux européennes, nombre de voix s’élèvent au NPA pour une démarche unitaire de la « gauche radicale » aux régionales.
Le ton a changé. La direction du Nouveau Parti anticapitaliste ne peut plus faire la sourde oreille sur la contestation interne post-scrutin européen. Sous l’œil vigilant des militants, réunis depuis dimanche en université d’été à Port-Leucate, Pierre-François Grond, bras droit d’Olivier Besancenot, ne dévie pas du mandat confié par le conseil politique national : engager le parti sur une démarche unitaire en vue des élections régionales de mars prochain. Au cours du débat, lundi soir, avec notamment le PCF et le Parti de gauche (1), il rappelle que le NPA s’oriente vers des listes d’union autonomes du PS, sans exclure toutefois des fusions « techniques » au second tour avec la formation de Martine Aubry.
Choc et déception
À Port-Leucate, certains militants n’hésitent pas à confier leur déception sur les 4,98 % de voix obtenus par leur parti aux européennes : « J’ai eu comme un choc. Ça m’a énervé d’entendre parler d’un score “plutôt satisfaisant” alors qu’il n’est pas bon au regard de l’ambition affichée lors de notre création », se désole Leila Chaibi, membre du comité exécutif. En robe légère dénudant ses épaules bronzées, la jeune femme avait soutenu la position majoritaire de faire cavalier seul. « Je pensais qu’avec la crise capitaliste, on allait faire un bond. Je regrette maintenant l’éparpillement de la gauche radicale. Il faut en tirer les leçons pour les régionales », dit cette salariée précaire, initiatrice du collectif l’Appel et la pioche.
Bien des voix parmi les adhérents rassemblés à l’université rejoignent celle de Leila Chaibi. Édouard, du comité Paris 10e arrondissement, s’est « volontairement abstenu de voter. [Je] ne voulais pas de listes séparées ». Pierre (Hauts-de-Seine) confie être ici pour se « rassurer sur la position du NPA quant à la prochaine échéance ». Militant expérimenté du syndicat CGT, il estime que le NPA « joue son avenir dans cette affaire. Ça va être le moment de vérité. Ou il s’ouvre à d’autres, ou il redeviendra une LCR bis, un groupuscule regroupé sur lui-même ».
Un jugement sévère pas loin d’être partagé par une partie des nouveaux membres, essentiellement parmi les jeunes. Si Leila Chaibi conteste la « désertion », « l’hémorragie » des militants après les européennes, elle pense toutefois que « beaucoup risquent de se barrer si on ne change pas d’attitude. On ne comprend pas pourquoi ne pas s’unir aux élections alors qu’il y a plus de choses qui nous rassemblent que celles qui nous séparent. On ne peut être ensemble dans les luttes et devenir des concurrents dans les urnes ».
« Rupture avec le centre gauche »
La jeune femme se dit « rassurée » par les démarches entreprises par Olivier Besancenot et Pierre-François Grond. Elle se félicite de la déclaration commune NPA-PG. Et espère un déblocage entre son parti et le PCF. Certes, les deux dirigeants du NPA entendent ces voix, qu’ils continuent de juger minoritaires. Mais jusqu’où sont-ils sincères dans leur volonté d’aboutir à des listes unitaires ? Le réflexe tacticien prend-il le pas sur le fond en voulant devancer les appels aux alliances ? « On ne veut pas subir les initiatives des autres », précise-t-on. Des contacts sont pris avec le Forum social des quartiers populaires (dont sont membres le collectif ACLEFEU, le MIB et les Motivés, présents à Port-Leucate), et Pierre-François Grond jubile déjà à l’idée de former des listes avec le PG : « On partira avec le moindre collectif qui sera d’accord avec nous. » Quant au PCF, le NPA entend lui mettre la pression pour qu’il le suive « à assumer l’indépendance totale du PS sur le long terme, explique Olivier Besancenot. Nous ne voulons pas avoir des accords de circonstance pour des exécutifs régionaux, mais assumer une rupture avec l’union de centre gauche qui semble se profiler avec les discussions PS, Verts et Modem ».
Source l’humanité : Par Mina Kaci
envoyée spéciale à Port-Leucate (Aude)
21 juin 2009
Election Régionale : L'avenir du Front de Gauche !!
L'avenir du Front de gauche est suspendu à la stratégie du PCF pour les élections régionales
"Poursuivre et élargir le Front de gauche." Au lendemain des élections européennes, la secrétaire nationale du PCF, Marie George Buffet avait eu cette formule, tirant le bilan de l'alliance ainsi dénommée entre les communistes et le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon qui a envoyé au Parlement européen cinq élus. La formule vaut désormais pour les élections régionales de 2010, a-t-elle réaffirmé lors d'un conseil national, vendredi 19 juin.
Le pari n'est pas facile. En 2004, le PCF avait laissé ses fédérations régionales décider de leurs alliances. Et dans une grande majorité, à l'exception de cinq régions dont l'Ile-de-France, les militants avaient choisi de s'allier dès le premier tour avec le PS. 185 conseillers PCF avaient ainsi été élus. La situation semble plus complexe pour 2010.
La campagne du Front de gauche et son relatif succès ont regonflé le moral des militants communistes, assommés par les échecs électoraux successifs de leur parti. Ils ont réappris à faire de la politique avec plaisir et surtout, apprécié de pouvoir "taper" sur le PS et sa ligne "sociale-libérale". L'appel, lancé par leur secrétaire nationale le 7 juin au soir, à "continuer l'expérience" en organisant un meeting le 3 juillet à la Mutualité, les a rassurés. Sans pour autant leur donner une stratégie électorale durable.
"ENVIE D'UNITÉ"
Une partie de la direction du PCF avait envisagé revenir à des alliances classiques avec le PS. Les remontées des fédérations ont montré que le message ne "passerait" pas : "l'envie d'unité" a gagné du terrain dans les troupes communistes. Jean-Luc Mélenchon ne s'y est pas trompé quand il a proposé, dès le 16 juin, de constituer "un Front de gauche permanent, présent dans les luttes et dans toutes les élections, des régionales de 2010 aux présidentielles et législatives de 2012". Une façon pour lui de maintenir la pression sur son partenaire.
Mme Buffet a laissé toutes les options ouvertes devant le parlement du parti, en affichant une préférence pour des listes "à l'image de la démarche du Front de gauche". L'idée, encore floue, a expliqué Pierre Laurent, numéro deux, est de "ne pas figer le périmètre du rassemblement" : "Vu ce qui se passe au PS pour qui la seule leçon de son résultat aux européennes, c'est les primaires, beaucoup de gens peuvent être disponibles pour une nouvelle offre politique qui ne se contente pas de poursuivre la gestion des majorités sortantes."
"On doit travailler sur des projets et élargir encore le Front de gauche", insiste Mme Buffet. Un nouveau conseil national proposera une "orientation nationale" les 26 et 27 septembre. Suivront des conférences régionales à la mi-octobre. La "ligne" sera définitivement arrêtée par un conseil national les 24 et 25 octobre. Un délai qui laisse le temps de s'"adapter" aux situations locales... et aux offres du PS.
La démarche a plutôt séduit les cadres du parti. Même si certains restent sur leur faim en préconisant une orientation plus ferme. "Les communistes ne veulent pas d'un accord avec le PS au premier tour. On ne peut pas avoir une stratégie à géométrie variable où personne ne s'y retrouve", assure Sylvie Tricot, de la sensibilité des communistes unitaires. "Il faut être capable de présenter quelque chose de cohérent au premier tour en élargissant ce que nous avons fait aux européennes", renchérit la sénatrice Nicole Borvo. "Il ne faut pas avoir une conception étriquée du Front de gauche mais ne pas penser non plus qu'on va construire une nouvelle union de la gauche", souligne encore Marie-Pierre Vieu. La ligne de crête risque d'être compliquée à tenir.
extrait du journal le Monde
















