jeunes communistes 66

blog anticapitaliste et antilibéral

24 octobre 2009

Un peu d'histoire : la grève des transbordeuses d'Oranges en 1906

La grève des transbordeuses d’oranges

TransbordeusesOranges

Au début du XXe siècle, les marchandises des trains qui transitent à la gare-frontière de Cerbère doivent être transbordées par des "dockers" ferroviaires. Pour les délicates oranges, le travail est confié à des femmes. Mal payées pour un travail pénible, elles se mettent en grève en 1906. C’est le premier mouvement exclusivement féminin de l’histoire. Il durera presque un an.

Au début du XXe siècle, Cerbère est une belle ville de 1.300 habitants. Sa chance : l’activité frontalière due à sa proximité avec l’Espagne. Elle possède une douane pour contrôler les marchandises et une gendarmerie pour juguler la contrebande.

La Compagnie des Chemins de Fer du Midi et la Compañia de los Ferrocarriles de Tarragona a Barcelona y Francia s’y rejoignent le 21 janvier 1878. Mais il y a un hic. France et Espagne n’ont pas le même écartement de voie : 1,43 m pour la France et 1,66 m pour l’Espagne. Pourquoi ? Au moment où les Anglais adoptent (chose étonnante) le standard européen à 1,44 m, les chemins de fer espagnols leur rachètent leur stock de rails et de traverses aux anciennes normes…

Était-ce vraiment une économie ? Pas sûr. Cette incompatibilité matérielle oblige les passagers à changer de train lors du passage de la frontière. Arrêt buffet qui peut être agréable, d’autant que la vue est belle sur la baie. Mais il faut transborder les transborder. Le produit principal venant d’Espagne est l’orange de Murcia et de Valence. De Cerbère, il en part pour tout les pays. Leur manutention est délicat et leur conditionnement doit être parfait car le voyage peut s’avérer long, jusqu’en Russie quelquefois.

Ainsi naît le métier de transbordeuses d’oranges. L’activité se développe sous la houlette de transitaires, commissionnaires et autres intermédiaires en import-export. Ces sociétés emploient sur place la main d’oeuvre, essentiellement des femmes, dont le salaire est faible et le travail pénible. Rémunérées à la tâche, sans d’électricité, elles charrient à la lanterne des paniers de 15 à 20 kg. Jugez donc : 5.000 personnes en ont charrié pendant 80 ans, manipulant au total quelque 20 millions de tonnes d’agrumes et 15 millions de marchandises diverses.

Le 26 février 1906, les femmes décident d’arrêter : elles réclament les 25% d’augmentation qu’on leur promet depuis 1903. Leurs patrons, les transitaires, ne bougent pas, ne veulent rien entendre. Elles forment un syndicat. Les transbordeuses sont appelées "les Rouges". Elles se couchent sur les rails, prêtes à mourir sous les roues du train de Perpignan qui s’arrête à deux mètres à peine de leurs corps. Elles se glissent sous les essieux. Il faudra faire intervenir les soldats de la caserne de Perpignan pour les en déloger.

Ce mouvement de grève est le premier purement féminin de l’histoire française. Il dure presque un an, jusqu’au 3 décembre. Les femmes ont fermement tenu leurs positions et sont demeurées inflexibles jusqu’à satisfaction de leurs revendications. Le transbordement s’est prolongé jusqu’en 1960. Ensuite, une autre solution a été trouvée : des mécaniciens changeaient simplement les essieux. Fini le métier de transbordeuse. Une statue d’une femme avec un panier d’oranges au cœur de Cerbère rappelle cet épisode méconnu de la Lutte des Classes que les historiens étudient aujourd’hui sous l’angle de la Lutte des Genres. Classe ou genre, ce fut une sacrée lutte !

Posté par chavez hugo à 22:51 - un peu de culture - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

28 mai 2009

Cabestany: une journée contre les discriminations

Cabestany ouvre le Printemps des solidarités

Sur le thème "La diversité dans tous ses débats", la journée d'ouverture aura lieu ce jeudi au centre culturel. Alain Bentolila animera une conférence à 11 h sur l'illettrisme et la discrimination.

L e 2 e "Printemps des Solidarités" qui se déroulera du 28 mai au 17 juin prochain sur tout le département, débute ce jeudi à Cabestany. Invité du CML et du conseil général, le linguiste Alain Bentolila, professeur à l'université Paris V, ouvrira les conférences.

Plus d'un Français sur dix, entre 17 et 25 ans, ne sait ni lire ni écrire correctement. Ce handicap les enferme dans un véritable ghetto social et conduit à l'exclusion, à la révolte, parfois à la violence. Pourtant, ces citoyens-là ont un cerveau comme les autres, et ils ont passé douze années à l'école ! Le combat
d'Alain Bentolila

C'est son père, professeur qui, pendant son enfance, au fin fond du bled en Algérie, a fait vibrer Alain Bentolila avec les mots d'Hugo et lui a donné le goût du beau langage. Les années passées en Haïti, où il a conduit des programmes d'alphabétisation, lui ont ouvert les yeux sur le fléau de l'illettrisme qu'il ne cesse de dénoncer. "Les mots sont des armes, explique-t-il, dont chaque enfant doit être équipé. Les siens, en tout cas, sont bien ciblés". Alain Bentolila mène un autre combat et parle d'une véritable "insécurité linguistique" dans laquelle seraient plongés plus de 10 % des Français. Aujourd'hui, un certain nombre de citoyens sont moins capables que les autres d'exprimer leurs pensées avec justesse. Cela a deux conséquences : la première est que leur pouvoir sur le monde s'en trouve limité ; la seconde, c'est que cela les enferme dans un ghetto et favorise un communautarisme croissant. Cette véritable inégalité linguistique se traduit par une grave inégalité sociale.

Au programme :

9 h : allocution de bienvenue de M. Jean Vila, maire de Cabestany, conseiller général du canton de Perpignan III. – 9 h 10 : présentation de la Journée par Mme Ségolène Neuville, conseillère générale. – 9 h 30 : ouverture par M. Christian Bourquin, président du conseil général. – 10 h : "La question des discriminations d'un point de vue juridique et sociologique", par M. Dominique Sistach, maître de conférences en droit à l'Université de Perpignan. – 11 h : conférence sur "L'Illettrisme et la discrimination culturelle et sociale" de M. Alain Bentolila, vice-président de la Fondation Caisse d'Epargne pour les solidarités, linguiste (il signera son dernier ouvrage "Le verbe contre la barbarie"). - 13 h 30 : table ronde n°1 : "L'entreprise, partenaire et actrice de la lutte contre les discriminations ?". – 14 h 50 : table ronde n°2 : "Rose pour les filles, bleu pour les garçons : les discriminations de genre au quotidien". – 15 h 45 : table ronde n°3 : "Comment changer le regard sur les personnes handicapées ?"

Posté par chavez hugo à 08:51 - un peu de culture - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

04 décembre 2008

fellag au théatre de Perpignan

"Tous les algériens sont des mécaniciens"

RTEmagicC_fellag_jpg

Fellag, le poète algérien de l’humour caustique, est à Perpignan le 9 et 10 décembre au théatre municipal pour nous conter, avec la truculence et le sens de l’autodérision qu’on lui connaît, le quotidien des hommes et des femmes de son pays.

«Ce nouveau spectacle raconte comment une panne de voiture toute bête peut transformer une rue d’Alger en un délire humoristique, politique, sociologique, hydraulique, antenne parabolique… et même métaphysique. Mais les
Algériens qui, par la force des choses, sont devenus des as de la débrouille, ne réparent pas seulement de vieux tacots en rade, ils inventent aussi des pièces de rechange originales pour réparer la mécanique mentale d’un pays qui a trop souvent tendance à se gripper…
Ce spectacle est beaucoup plus léger, plus apaisé… mais il exhale toujours un parfum d’insolence dont je ne peux me défaire. Il se rapproche un peu plus que mes précédents spectacles de l’univers théâtral. Mais un théâtre qui ne reniera ni la grosse farce, ni les pantalonnades, forfanteries, clowneries et arlequinades.
Faute de taï chi ou autres dérivés du yoga, pour rester zen, les Algériens pratiquent un humour dont on dit qu’il est une soupape (un carburateur, un joint de culasse…) au stress d’un quotidien qui bout comme une marmite.
Pratiquée comme un sport national, cette autodérision est non seulement salvatrice, mais elle donne aussi une idée de la capacité de mes concitoyens à encaisser et rendre des coups contre un ennemi invisible. Comme Charlot boxe dans le vide…»

source:

site fellag.fr

Posté par chavez hugo à 17:16 - un peu de culture - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
« Accueil  1